Vendeuse poussant un vélo chargé de paniers en osier devant une quincaillerie à Siem Reap

Vivre à Siem Reap : la ville derrière les temples

Deux cent cinquante mille habitants, un aéroport international, une économie entièrement adossée à Angkor et des loyers inférieurs d'un tiers à ceux de Phnom Penh.

Habitants
250 000
Sur les loyers, face à Phnom Penh
-30 %
Du centre à Angkor Wat
8 km
La saison basse, à anticiper
Mai-sept.

La ville derrière les temples

Les visiteurs traversent Siem Reap pour Angkor et n'en gardent qu'une rue de bars. La ville où l'on vit est ailleurs, plus calme et plus lente que la capitale.

Siem Reap tient dans un rayon de cinq kilomètres. Tout se fait en scooter, les embouteillages de Phnom Penh n'existent pas, et la rivière traverse la ville du nord au sud en séparant les quartiers résidentiels de la zone touristique. La différence de rythme avec la capitale est immédiate et c'est la première raison pour laquelle on s'y installe.

La contrepartie tient en un mot : le tourisme. L'économie locale dépend entièrement des visiteurs d'Angkor, ce qui rend la ville vulnérable et saisonnière. De mai à septembre, une partie des commerces réduit ses horaires ou ferme, et l'ambiance change nettement.

L'aéroport international de Siem Reap-Angkor, ouvert en 2023 à une quarantaine de kilomètres du centre, dessert Bangkok, Singapour, Ho Chi Minh-Ville et Phnom Penh. Sortir du pays est donc plus simple qu'on ne le croit depuis une ville de province.

Toit doré d'un wat à Siem Reap
Hors du triangle touristique, Siem Reap redevient une ville de province à loyers bas.

Où habiter

Les résidentsWat Bo et la rive est
Le quartier résidentiel le plus recherché par les étrangers installés. Rues arborées, maisons avec jardin, quelques cafés, à dix minutes du centre en scooter. C'est calme sans être isolé, et c'est là que se trouve l'essentiel de l'offre en location longue durée.
Le moins cherSala Kamreuk et le sud
Plus loin du centre, plus cambodgien, nettement moins cher. Convient à qui a un scooter et cherche de l'espace. Peu de commerces occidentaux, ce qui est un avantage ou un inconvénient selon ce qu'on cherche.
À éviterAutour de Pub Street
La zone touristique concentre bars, restaurants et hôtels. Le bruit tourne jusqu'à deux heures du matin et les loyers y sont majorés. Bon pour un séjour de quelques semaines, mauvais pour une installation.
VillasLa route d'Angkor
L'axe nord concentre les hôtels haut de gamme et quelques villas en location. C'est l'option des familles, avec l'école internationale à portée. Le sujet des écoles francophones est traité à part.

Loyers et budget mensuel

Type de logementLoyer mensuel
Studio meublé, quartier résidentiel180-300 $
Appartement une chambre, Wat Bo300-500 $
Maison deux chambres avec jardin450-800 $
Villa avec piscine, route d'Angkor900-1 800 $
Charges (électricité, eau, internet)60-140 $

Un couple vit correctement à Siem Reap avec 1 200 à 1 800 dollars par mois, assurance santé comprise. C'est environ 300 dollars de moins qu'à Phnom Penh pour un niveau de confort équivalent, l'écart venant presque entièrement du logement. Le détail poste par poste figure dans le coût de la vie.

Angkor Wat dans la brume à l'aube, vue aérienne
La saison basse vide les temples et les terrasses : l'économie locale vit au rythme d'Angkor.

Ce que la saison basse change

Une ville dont l'économie dépend d'Angkor vit au rythme des visiteurs. Quatre mois par an, ce rythme s'arrête, et c'est ce qui décide de la faisabilité d'une installation.

De mai à septembre, la fréquentation d'Angkor tombe. Une partie des restaurants réduit ses horaires, certains ferment, et le personnel saisonnier repart en province. La ville ne se vide pas mais elle ralentit nettement, et l'ambiance de la haute saison n'a plus grand-chose à voir avec celle de juillet.

Pour un résident salarié ou vivant de revenus extérieurs, c'est plutôt agréable : loyers négociables, rues calmes, temples déserts. Pour qui a créé une activité liée au tourisme, c'est un creux de trésorerie de quatre mois, chaque année, qu'il faut avoir provisionné pendant la haute saison. C'est la première cause d'échec des commerces ouverts par des étrangers dans cette ville.

La conséquence sociale compte aussi. Une partie de la communauté expatriée quitte le pays sur ces mois-là, et le cercle se réduit. Ceux qui restent l'apprécient souvent, mais il vaut mieux le savoir avant de s'installer que de le découvrir en juin.

Travailler sur place

Le marché de l'emploi local se résume à trois secteurs : le tourisme, les ONG et l'enseignement des langues. Les salaires y sont bas, entre 600 et 1 500 dollars par mois selon le poste, et la concurrence est réelle. Vivre à Siem Reap d'un emploi local suppose d'accepter ce niveau de rémunération.

La majorité des Français installés vivent d'autre chose : revenus à distance, retraite, ou activité créée sur place. Pour cette dernière option, le cadre juridique de la société mérite d'être compris avant de louer un local.

Côté visa, l'emploi implique un visa EG converti en EB, avec permis de travail. Le statut de retraité passe par le visa ER.

Questions fréquentes sur la vie à Siem Reap

Quel budget pour vivre à Siem Reap ?

Un couple vit correctement avec 1 200 à 1 800 dollars par mois, assurance santé comprise, soit environ 300 dollars de moins qu'à Phnom Penh. Un appartement d'une chambre dans le quartier de Wat Bo se loue 300 à 500 dollars, une maison avec jardin 450 à 800 dollars, auxquels s'ajoutent 60 à 140 dollars de charges selon l'usage de la climatisation.

Vaut-il mieux vivre à Siem Reap ou à Phnom Penh ?

Siem Reap pour le rythme, l'espace et des loyers inférieurs d'environ un tiers. Phnom Penh pour les soins, les démarches administratives, l'offre scolaire et un marché de l'emploi bien plus large. Siem Reap dépend entièrement du tourisme, ce qui rend son économie saisonnière et vulnérable : c'est le point à peser avant de s'y installer pour longtemps.

Quel quartier choisir à Siem Reap ?

Wat Bo et la rive est pour une installation durable : rues calmes, maisons avec jardin, dix minutes du centre en scooter, et l'essentiel de l'offre en location longue durée. Sala Kamreuk et le sud pour le meilleur rapport prix, à condition d'avoir un scooter. La zone de Pub Street est à éviter pour y vivre : bruit jusqu'à deux heures du matin et loyers majorés.

Peut-on trouver du travail à Siem Reap ?

Le marché local se limite au tourisme, aux ONG et à l'enseignement des langues, avec des salaires de 600 à 1 500 dollars par mois et une vraie concurrence. La plupart des Français installés vivent de revenus à distance, d'une retraite ou d'une activité créée sur place. Un emploi salarié implique un visa EG converti en EB, assorti d'un permis de travail.