
Kratié et le Mékong
Une petite ville coloniale posée sur la berge, une population de dauphins d'eau douce parmi les dernières au monde, et un fleuve qui impose son rythme à tout le reste.
- La durée qui convient
- 2 jours
- De Kratié à Kampi
- 15 km
- La meilleure période d'observation
- Déc.-mai
- L'espèce, en danger critique
- Menacée
Kratié
Le front de fleuve, bordé de bâtiments coloniaux défraîchis, s'anime en fin d'après-midi quand les habitants viennent s'y asseoir face au coucher de soleil sur le Mékong. Le marché central, quelques cafés et deux ou trois rues constituent le reste de la ville.
Cette étape se justifie sur un itinéraire long, comme celui de trois semaines vers le Laos, où elle sert de transition entre les villes du sud et les 4000 îles. Sur deux semaines, elle est difficile à caser sans sacrifier autre chose.
Kratié se rejoint en six heures de bus depuis Phnom Penh, moins depuis Stung Treng. La route longe le fleuve sur une bonne partie du trajet.
Les dauphins de l'Irrawaddy
Le dauphin de l'Irrawaddy est un cétacé d'eau douce au front bombé et sans rostre, qui vit en petits groupes dans les bassins profonds du Mékong. La population cambodgienne, concentrée sur le tronçon entre Kratié et la frontière laotienne, ne compte plus qu'une centaine d'individus et l'espèce figure parmi les plus menacées du fleuve.
L'observation se fait à Kampi, à quinze kilomètres au nord de Kratié, depuis des barques à moteur coupé qui restent à distance. Les animaux remontent respirer toutes les deux à trois minutes, sans jamais sauter : l'image spectaculaire du dauphin bondissant n'a rien à voir avec ce qu'on voit ici.
Le meilleur moment est le petit matin ou la fin d'après-midi, en saison sèche de décembre à mai, quand le niveau du fleuve baisse et concentre les animaux dans les fosses. Comptez une dizaine de dollars par personne pour une sortie d'environ une heure.
Observer sans nuire
La population de dauphins de l'Irrawaddy du Mékong cambodgien ne compte plus qu'une centaine d'individus. Les menaces principales ne viennent pas du tourisme mais des filets maillants, dans lesquels les animaux se noient, et de la dégradation de leur habitat. Le tourisme d'observation, lui, joue dans les deux sens : il finance une raison économique de protéger l'espèce, et il la dérange quand il est mal conduit.
La différence tient à la conduite du barreur. Une barque qui coupe son moteur, reste à distance et laisse les animaux venir respecte les consignes. Une barque qui poursuit un groupe, tourne autour ou l'encercle pour rapprocher ses passagers le fait plonger plus souvent et plus vite, ce qui coûte de l'énergie à des animaux qui n'en ont pas de reste.
Le seul levier réel d'un visiteur est de refuser la seconde et de dire pourquoi. Un barreur qui perd une course parce qu'il a poursuivi un groupe apprend plus vite qu'avec un panneau. Et l'observation n'est jamais garantie : accepter de repartir sans avoir vu fait partie du contrat, sinon la pression retombe sur l'animal.

L'île de Koh Trong
Un bac part du quai de Kratié toutes les quelques minutes et traverse en cinq minutes vers Koh Trong, une île fluviale de neuf kilomètres de long. Un chemin en fait le tour, entre vergers de pomeliers, maisons de bois sur pilotis et rizières.
Le tour se fait à vélo en deux heures, à louer sur place pour un ou deux dollars. Il n'y a rien à voir au sens des guides, et tout à observer : la vie d'un village fluvial cambodgien qui n'a pas été réorganisé pour les visiteurs. Quelques familles proposent l'hébergement chez l'habitant.
En saison des pluies, une partie des chemins est inondée et l'île se parcourt alors en barque. La physionomie change complètement d'une saison à l'autre, comme le décrit la page quand partir.

Vers le nord
Stung Treng, à trois heures de route au nord, est la dernière ville cambodgienne avant le Laos. Elle sert surtout d'étape : confluence du Mékong et de la Sekong, quelques rapides, et une zone humide d'importance internationale au nord de la ville, encore très peu visitée.
De là, le poste-frontière de Trapeang Kriel ouvre sur les 4000 îles laotiennes. Le passage est calme mais isolé, avec peu de bus et des frais informels régulièrement demandés de part et d'autre. Il se franchit le matin, jamais en fin de journée.
À l'est, les provinces de Mondolkiri et Ratanakiri prolongent le nord-est vers les hauts plateaux et les forêts. C'est l'autre manière de sortir de l'axe touristique classique.
Questions fréquentes sur Kratié et le Mékong
Où voir les dauphins du Mékong au Cambodge ?
À Kampi, à quinze kilomètres au nord de Kratié, depuis des barques à moteur coupé qui restent à distance. Les dauphins de l'Irrawaddy remontent respirer toutes les deux à trois minutes sans jamais sauter. Comptez une dizaine de dollars pour une sortie d'une heure, de préférence au petit matin ou en fin d'après-midi.
Quelle est la meilleure période pour voir les dauphins ?
De décembre à mai, en saison sèche, quand le niveau du fleuve baisse et concentre les animaux dans les bassins profonds. Le petit matin et la fin d'après-midi offrent les meilleures conditions. La population cambodgienne ne compte plus qu'une centaine d'individus : l'observation n'est jamais garantie, quelle que soit la saison.
Combien de temps rester à Kratié ?
Deux nuits permettent de faire les dauphins de Kampi au petit matin, le tour de l'île de Koh Trong à vélo en fin d'après-midi et un coucher de soleil sur le front de fleuve, sans courir. La ville n'a presque rien à visiter, et c'est exactement pour ce rythme qu'on y vient sur un itinéraire long.
Kratié vaut-elle le détour sur deux semaines ?
Difficilement. L'étape prend six heures de bus depuis Phnom Penh et demande deux nuits pour avoir du sens, ce qui oblige à sacrifier Battambang ou la côte sud. Elle trouve en revanche toute sa place sur un itinéraire de trois semaines remontant vers le Laos, où elle sert de transition vers les 4000 îles.



