Vue aérienne de Phnom Penh au crépuscule, tours du centre des affaires éclairées

Créer une société au Cambodge

Un étranger peut détenir 100 % d'une société cambodgienne, sans associé local imposé. C'est rare dans la région, et c'est ce qui attire. Le reste demande de la méthode.

Détention étrangère possible
100 %
Capital minimal courant, en pratique
1 000 $
Délai d'immatriculation
2-6 sem.
Impôt sur les bénéfices, taux standard
20 %

Ce qui est autorisé, et ce qui ne l'est pas

La loi cambodgienne sur les investissements autorise la détention intégrale d'une société par des étrangers dans la plupart des secteurs. La restriction majeure concerne la terre.

Contrairement à la Thaïlande, où un associé local majoritaire est en principe requis, le Cambodge permet à un étranger de détenir la totalité des parts de sa société. Aucun prête-nom, aucun montage : c'est le principal argument du pays pour un entrepreneur.

La limite tient à la propriété foncière. Un étranger, comme une société détenue majoritairement par des étrangers, ne peut pas détenir de terrain au Cambodge. Les biens en étage restent accessibles sous conditions, sujet traité dans la partie immobilier. Une activité qui suppose du foncier passe donc par un bail longue durée, à faire rédiger sérieusement.

Quelques secteurs restent réglementés ou soumis à licence, notamment ceux liés à la sécurité, aux ressources naturelles et à certaines activités touristiques. Le point se vérifie au cas par cas avant d'engager des frais.

Tours de bureaux et chantiers de Phnom Penh
La quasi-totalité des sociétés à capitaux étrangers s'immatriculent à Phnom Penh.

Les formes juridiques

Par défautSociété privée à responsabilité limitée
L'équivalent de la SARL. De un à trente associés, responsabilité limitée aux apports, détention étrangère intégrale possible. C'est la forme retenue par la grande majorité des entrepreneurs étrangers, pour un restaurant comme pour une société de services.
Un seul associéSociété unipersonnelle
Variante de la précédente avec un associé unique. Même régime, même responsabilité limitée. C'est la structure la plus simple pour une activité individuelle, et elle peut accueillir de nouveaux associés plus tard.
Succursale d'une société étrangère
Une société française peut ouvrir une succursale, qui reste juridiquement rattachée à la maison mère. Utile pour tester un marché, mais la responsabilité n'est pas cloisonnée et la fiscalité se complique en l'absence de convention entre les deux pays.
Bureau de représentation
Il ne peut ni vendre ni facturer, seulement prospecter et représenter. Formule légère pour une phase d'étude, inadaptée dès qu'il y a du chiffre d'affaires.

Les étapes de l'immatriculation

L'essentiel des démarches se fait en ligne via la plateforme d'immatriculation des entreprises, ce qui a nettement raccourci les délais ces dernières années.
  1. Réserver la dénomination sociale

    1 à 3 jours

    La réservation se fait en ligne sur la plateforme d'immatriculation. Un nom déjà pris ou trop proche d'un existant est refusé sans recours.

  2. Rédiger les statuts

    1 à 2 semaines

    Statuts et pièces d'identité de chaque associé. C'est ici que se fixe la répartition du capital, difficile à modifier ensuite.

  3. Ouvrir le compte et déposer le capital

    1 à 3 semaines

    L'étape la plus lente, et la seule qui ne dépend pas de l'administration. Les banques exigent la présence physique des associés et une justification de l'origine des fonds.

  4. Immatriculer la société

    Environ 8 jours

    Le dépôt au registre du commerce se fait en ligne. Le certificat d'immatriculation conditionne tout ce qui suit.

  5. S'enregistrer à l'administration fiscale

    1 à 2 semaines

    Obtention du numéro d'identification fiscale et du numéro de TVA. Une société immatriculée mais non enregistrée fiscalement accumule des pénalités dès le premier mois.

  6. Déclarer l'activité au ministère du Travail

    Avant d'embaucher

    Déclaration de l'établissement puis affiliation de chaque salarié à la caisse nationale de sécurité sociale. C'est un préalable à toute embauche, pas une formalité de rattrapage.

  7. Obtenir les licences sectorielles

    Variable

    Restauration, tourisme, éducation, santé : chaque secteur régulé ajoute sa propre autorisation, avec ses propres délais.

Comptez deux à six semaines au total. Le blocage le plus fréquent est bancaire, pas administratif.

Le capital social minimal légal est faible, mais les banques et l'administration attendent en pratique un montant de l'ordre de mille dollars, davantage selon le secteur. Prévoyez également les honoraires d'un cabinet local pour la constitution, généralement de quelques centaines à quelques milliers de dollars selon le montage.

Le gérant étranger doit disposer d'un visa de type E assorti d'une extension et d'un permis de travail. Les deux se traitent en parallèle de la constitution, pas après.

Rue commerçante encombrée de motos au Cambodge
Employer au Cambodge oblige à déclarer chaque salarié à la caisse nationale de sécurité sociale.

Employer du personnel

Embaucher au Cambodge est simple sur le principe et engage plus qu'on ne l'imagine. Trois obligations pèsent dès le premier salarié.

Le contrat et la déclaration. Tout salarié se déclare au ministère du Travail, avec un contrat écrit. Le droit cambodgien distingue le contrat à durée déterminée, encadré dans sa durée totale, et le contrat à durée indéterminée, dont la rupture ouvre des indemnités. Beaucoup de petites structures étrangères découvrent cette distinction au moment de se séparer d'un salarié.

Les cotisations sociales. L'affiliation au régime national de sécurité sociale est obligatoire et couvre les accidents du travail et les soins de santé. Elle se déclare et se paie mensuellement, comme les retenues d'impôt sur le revenu salarial détaillées dans fiscalité.

Le salaire minimum. Il est fixé par secteur et révisé, le textile étant le plus encadré. Hors de ce secteur, l'usage prévaut, mais payer nettement en dessous du marché local produit une rotation permanente qui coûte plus cher que le différentiel de salaire.

Un point mérite d'être dit franchement : une partie des employeurs étrangers gère la paie en dehors de tout cadre, sans contrat ni affiliation. Cela expose le salarié, qui n'a aucune couverture en cas d'accident, et cela expose l'employeur à un redressement. Ce n'est pas une zone grise, c'est un manquement.

Ce qui commence une fois la société créée

La création est la partie simple. Les obligations mensuelles et annuelles constituent la charge réelle : déclarations fiscales mensuelles, retenues à la source, impôt sur les bénéfices au taux standard de 20 %, patente annuelle, déclaration au registre du commerce et obligations sociales pour les salariés.

Un cabinet comptable local facture couramment quelques centaines de dollars par mois pour tenir l'ensemble. C'est un poste à intégrer au plan de financement dès le départ, au même titre que le loyer, parce qu'il n'est pas optionnel : les pénalités de retard sont réelles et s'accumulent.

Côté personnel, l'impôt sur le revenu salarial est prélevé chaque mois par l'employeur selon le barème détaillé dans la page fiscalité.

Questions fréquentes sur la création de société

Un étranger peut-il détenir 100 % d'une société au Cambodge ?

Oui, dans la plupart des secteurs, sans associé local imposé ni prête-nom. C'est ce qui distingue le Cambodge de la Thaïlande et l'une des raisons principales de s'y implanter. La restriction majeure porte sur le foncier : ni un étranger ni une société détenue majoritairement par des étrangers ne peut posséder de terrain.

Combien coûte la création d'une société au Cambodge ?

Comptez un capital social de l'ordre de mille dollars attendu en pratique par les banques, auquel s'ajoutent les honoraires d'un cabinet local pour la constitution, de quelques centaines à quelques milliers de dollars selon le montage. Le poste récurrent le plus important reste la comptabilité mensuelle, souvent plusieurs centaines de dollars par mois.

Combien de temps prend l'immatriculation ?

Deux à six semaines en général, la majorité des démarches se faisant en ligne via la plateforme d'immatriculation des entreprises. Le blocage le plus fréquent est bancaire : ouvrir le compte au nom de la société et y déposer le capital demande un dossier complet et souvent la présence physique du gérant sur place.

Faut-il un visa particulier pour créer une société ?

Le gérant étranger doit disposer d'un visa de type E assorti d'une extension de séjour, ainsi que d'un permis de travail. Ces deux démarches se mènent en parallèle de la constitution de la société et non après : arriver avec un visa touristique puis créer la structure oblige à reprendre le dossier depuis le début.