
Mondolkiri et Ratanakiri
Collines vallonnées, forêts, cascades et un climat plus frais de plusieurs degrés. C'est la partie du Cambodge que les circuits ignorent, et celle où vivent les peuples autochtones du pays.
- De route depuis Phnom Penh
- 6-8 h
- Face aux plaines, en altitude
- -5 °C
- La saison praticable
- Nov.-févr.
- Le minimum par province
- 3 jours
Mondolkiri
Le paysage surprend : des collines rondes couvertes d'herbe rase, des pins, des matins brumeux et des soirées où une veste devient utile. On est loin de l'image du Cambodge tropical, et c'est précisément ce qui fait l'intérêt du détour.
Les chutes de Bou Sra, à une quarantaine de kilomètres de Sen Monorom, tombent en deux paliers dans une gorge boisée. C'est la cascade la plus impressionnante du pays, à voir en fin de saison des pluies quand le débit est maximal.
La province est le territoire du peuple bunong, l'un des groupes autochtones du Cambodge, dont la langue, l'organisation villageoise et le rapport à la forêt diffèrent nettement de la culture khmère majoritaire. Plusieurs projets communautaires proposent des randonnées et des nuits en village, gérés par les habitants eux-mêmes.
Les éléphants
Mondolkiri abrite plusieurs sanctuaires d'éléphants, et c'est la principale raison pour laquelle des voyageurs font le déplacement. Tous ne se valent pas, et la différence entre un projet de conservation et une attraction déguisée n'est pas toujours visible sur un site web.
Les éléphants d'Asie du Sud-Est utilisés pour le tourisme ont pour beaucoup été dressés au débardage, un travail éreintant, et leur dressage repose sur des méthodes coercitives. Les sanctuaires sérieux les récupèrent, ne les font ni monter ni travailler, et les laissent vivre en forêt : le visiteur marche derrière eux et les observe, rien de plus.

Ratanakiri
Plus au nord, Ratanakiri est une province de terre rouge, de forêts et de rivières, à la frontière du Laos et du Vietnam. Ban Lung, son chef-lieu, sert de base à toutes les excursions.
Le lac de Yeak Laom est la visite phare : un cratère volcanique parfaitement circulaire, sept cents mètres de diamètre, rempli d'une eau claire et profonde, entouré de forêt. La baignade y est possible et un sentier en fait le tour en une heure. Le site est géré par la communauté tampuan, qui en perçoit les entrées.
Les cascades de Ka Chanh, Kinchaan et Katieng se visitent en scooter dans la journée. Le parc national de Virachey, l'un des plus vastes d'Asie du Sud-Est, se parcourt en trek de plusieurs jours avec guides communautaires, ce qui reste l'expérience la plus forte de la région.
La province est le territoire de plusieurs peuples autochtones, dont les Tampuan, les Jarai et les Kreung. Les cimetières traditionnels jarai, avec leurs sculptures de bois, se visitent avec un guide local et un minimum de discrétion : ce sont des lieux funéraires en usage, pas des sites touristiques.

Rencontrer les peuples de l'est
Les Bunong au Mondolkiri, les Tampuan, les Jarai et les Kreung au Ratanakiri ne sont pas des Khmers ruraux : ce sont des peuples distincts, avec leurs langues, leur organisation villageoise et leur rapport propre à la forêt. Le Cambodge compte une vingtaine de groupes de ce type, concentrés dans les provinces de l'est et du nord-est.
Ce qui fonctionne, ce sont les projets gérés par les communautés elles-mêmes : randonnées avec guides villageois, nuits chez l'habitant organisées par le village, où les recettes reviennent directement aux familles. Ce qui ne fonctionne pas, c'est la visite de village à l'arrêt, où l'on traverse des maisons en photographiant sans être reçu.
Deux repères concrets. Les cimetières jarai, avec leurs sculptures de bois, se visitent avec un guide local et pas autrement : ce sont des lieux funéraires en usage, pas des sites archéologiques. Et une photographie se demande, y compris quand la barrière de langue rend la demande maladroite — le geste vaut la parole.
S'y rendre et quand
Sen Monorom se rejoint en six à sept heures de bus depuis Phnom Penh, Ban Lung en huit à dix. Les deux provinces sont reliées entre elles par une route longue et peu desservie : dans les faits, on en choisit une, rarement les deux sur un même voyage.
La saison compte plus qu'ailleurs. De novembre à février, les pistes sont praticables et les températures agréables. En pleine mousson, de juillet à septembre, les pistes de latérite deviennent impraticables en scooter et certaines excursions sont annulées. Le détail figure dans quand partir.
Sur un itinéraire, ces provinces se combinent naturellement avec Kratié et le Mékong, sur la route du nord-est. Elles demandent au minimum trois jours chacune, temps de trajet compris, ce qui les rend difficiles à caser sur deux semaines.
Questions fréquentes sur l'est du Cambodge
Comment aller à Mondolkiri et Ratanakiri ?
Sen Monorom, chef-lieu du Mondolkiri, se rejoint en six à sept heures de bus depuis Phnom Penh. Ban Lung, au Ratanakiri, demande huit à dix heures. La liaison entre les deux provinces est longue et peu desservie : on en choisit une, rarement les deux sur un même voyage. Comptez trois jours minimum par province, trajets compris.
Comment choisir un sanctuaire d'éléphants au Cambodge ?
Vérifiez les pratiques, pas le vocabulaire : le mot sanctuaire n'est pas protégé. Un projet sérieux ne propose ni monte, ni bain organisé, ni spectacle, n'utilise ni crochet ni chaîne, limite la taille des groupes, laisse les animaux en forêt et rend public son projet de conservation. Le bain avec les éléphants, présenté comme bienveillant, est un signal d'alerte.
Que voir au Ratanakiri ?
Le lac de Yeak Laom, cratère volcanique circulaire de sept cents mètres rempli d'une eau claire, où la baignade est possible et dont les entrées reviennent à la communauté tampuan. Les cascades de Ka Chanh, Kinchaan et Katieng en scooter. Et le parc national de Virachey, en trek de plusieurs jours avec des guides communautaires.
Quelle est la meilleure saison pour l'est du Cambodge ?
De novembre à février : pistes praticables et températures agréables, avec cinq degrés de moins que dans les plaines grâce à l'altitude. En pleine mousson, de juillet à septembre, les pistes de latérite deviennent impraticables en scooter et plusieurs excursions sont annulées. La saison compte davantage ici que partout ailleurs dans le pays.



