
Sambor Prei Kuk et Preah Vihear
Deux sites khmers inscrits au patrimoine mondial, l'un antérieur d'un siècle et demi à Angkor, l'autre perché sur une falaise à cinq cent vingt-cinq mètres. Presque personne n'y va.
- Sambor Prei Kuk, préangkorien
- VIIe siècle
- L'altitude de Preah Vihear
- 525 m
- Classés à l'UNESCO
- 2 sites
- Nécessaire pour monter à Preah Vihear
- 4x4
Sambor Prei Kuk
Plus de cent temples de brique subsistent, répartis en trois groupes principaux dans une forêt de grands arbres, à trente kilomètres au nord de Kampong Thom. Les tours octogonales, uniques dans l'art khmer, et les linteaux sculptés annoncent directement ce qui se développera à Angkor trois siècles plus tard.
L'état de conservation varie beaucoup : certains sanctuaires sont debout, d'autres réduits à des amorces de murs, plusieurs enserrés par des racines comme à Ta Prohm mais sans les passerelles ni la foule. Le site a souffert des bombardements américains, dont les cratères sont encore visibles.
L'inscription au patrimoine mondial date de 2017 et n'a pas changé grand-chose à la fréquentation : on y croise quelques visiteurs par jour. Comptez deux à trois heures sur place, avec un guide local si possible, la signalétique étant sommaire.

Preah Vihear
Preah Vihear est un temple hindou du XIe siècle construit sur un promontoire des monts Dangrek, exactement sur la frontière thaïlandaise. Contrairement aux temples angkoriens, organisés en plan concentrique, il se déploie sur huit cents mètres le long d'un axe nord-sud, en une succession de cours, d'escaliers et de gopuras qui montent vers le sanctuaire.
Le point final est une falaise à cinq cent vingt-cinq mètres au-dessus de la plaine cambodgienne, avec une vue qui porte à des dizaines de kilomètres. C'est le site le plus spectaculaire du pays après Angkor, et il reçoit une fraction infime de sa fréquentation.
L'accès depuis le village de Sra Em se fait par une route très raide de six kilomètres, à quarante pour cent de pente par endroits. Les véhicules de tourisme ne montent pas : il faut prendre un 4x4 ou une moto-taxi au pied, comptez quelques dollars par personne.

Situer ce qu'on voit
VIIe siècle, Sambor Prei Kuk. Le royaume de Chenla précède l'empire khmer. On construit en brique, les tours sont parfois octogonales, et les linteaux portent déjà le vocabulaire décoratif qui se déploiera trois siècles plus tard. C'est ici qu'on comprend qu'Angkor n'est pas sorti de nulle part.
Xe siècle, Koh Ker. Une capitale brève, dominée par une pyramide à degrés qui rompt avec le plan habituel. Le grès remplace la brique, l'échelle change.
XIe siècle, Preah Vihear. Le temple s'étire sur huit cents mètres le long d'un axe, au lieu de s'organiser en plan concentrique. C'est ce que devient l'architecture khmère quand elle épouse un relief au lieu d'une plaine.
XIIe siècle, Angkor. L'apogée, le plan concentrique, les douves, l'échelle urbaine. Vu après les trois précédents, Angkor Wat cesse d'être un objet isolé pour devenir l'aboutissement d'une série.
C'est la raison de faire ces détours : non pas voir plus de temples, mais comprendre celui que tout le monde vient voir.

Le contexte frontalier
Preah Vihear a fait l'objet d'un long différend entre le Cambodge et la Thaïlande. La Cour internationale de justice a attribué le temple au Cambodge en 1962, puis précisé en 2013 l'étendue du promontoire qui lui revient. Des affrontements armés ont eu lieu dans la zone à la fin des années 2000, avec des victimes et des dégâts sur le monument.
La situation est apaisée depuis, et le site se visite normalement côté cambodgien. Elle reste toutefois sensible et peut évoluer : consultez les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères avant de programmer le détour, ainsi que l'état d'ouverture du site auprès de votre hébergement.
S'y rendre
Sambor Prei Kuk se visite depuis Kampong Thom, à trente kilomètres, ville-étape sur la nationale entre Phnom Penh et Siem Reap. C'est le détour le plus facile des deux : une demi-journée en tuk-tuk depuis la ville, sur un trajet que beaucoup de voyageurs font sans s'arrêter.
Preah Vihear demande davantage d'organisation. Le village de Sra Em, au pied du site, se rejoint depuis Siem Reap en quatre à cinq heures de route, ou depuis Kampong Thom en trois. Une nuit sur place est la formule raisonnable : monter au temple tôt le matin, avant la chaleur et la brume de plaine, puis repartir.
Questions fréquentes sur ces deux sites
Qu'est-ce que Sambor Prei Kuk ?
L'ancienne capitale du royaume de Chenla au VIIe siècle, cent cinquante ans avant la fondation de l'empire khmer : le plus ancien ensemble monumental du Cambodge, inscrit au patrimoine mondial en 2017. Plus de cent temples de brique subsistent dans une forêt, à trente kilomètres de Kampong Thom, avec des tours octogonales uniques dans l'art khmer.
Comment aller à Preah Vihear ?
Par le village de Sra Em, à quatre ou cinq heures de route de Siem Reap et trois de Kampong Thom. La montée finale de six kilomètres est trop raide pour un véhicule de tourisme : il faut prendre un 4x4 ou une moto-taxi au pied, pour quelques dollars. Une nuit à Sra Em permet de monter tôt le matin, avant la chaleur.
Preah Vihear est-il sûr à visiter ?
Oui, le site se visite normalement côté cambodgien et la situation est apaisée depuis les affrontements frontaliers de la fin des années 2000. La zone reste sensible et peut évoluer : consultez les conseils aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères avant de partir. Ne quittez jamais les chemins balisés, des munitions non explosées subsistant dans la région.
Ces sites valent-ils le détour après Angkor ?
Pour qui s'intéresse réellement à l'architecture khmère, oui : Sambor Prei Kuk montre ce qui a précédé Angkor, Preah Vihear ce qu'un temple khmer devient sur un relief. Preah Vihear est le site le plus spectaculaire du pays après Angkor, pour une fraction infime de sa fréquentation. Sur un premier voyage de deux semaines, les deux restent difficiles à caser.



