Entrée d'un marché de quartier à Phnom Penh, parasols orange, enseignes en khmer et étals de boissons

Toul Tom Poung : vivre autour du marché russe

Un quartier cambodgien qui n'a pas été remplacé par ses expatriés. Des loyers inférieurs d'un tiers à BKK1, une vraie vie de rue, et le bruit qui va avec.

Un deux-pièces meublé
350-600 $
Face à BKK1, à surface égale
-30 %
L'heure d'ouverture du marché
6 h
Utile, sans être indispensable
Scooter

Le quartier

Toul Tom Poung s'étend au sud-ouest de BKK1, autour du marché qui lui donne son surnom. C'est un quartier résidentiel cambodgien où les étrangers se sont installés sans le transformer.

L'architecture y est celle des maisons de ville khmères, étroites et hautes, avec des rez-de-chaussée commerçants. Les rues sont plus étroites qu'à BKK1, les trottoirs occupés par les échoppes et les scooters, et la circulation dense aux heures de pointe.

Une scène de cafés, de restaurants et d'ateliers s'y est développée ces dernières années, portée par des indépendants et des jeunes actifs qui trouvaient BKK1 trop cher et trop lisse. Le résultat est un quartier mixte, où les commerces cambodgiens et les enseignes tenues par des étrangers coexistent sans que les seconds aient chassé les premiers.

La différence avec BKK1 tient à cela : on y vit dans la ville cambodgienne, pas à côté d'elle.

Coupole art déco du marché central Psar Thmei à Phnom Penh
Psar Thmei, l'autre grand marché couvert de la capitale, à vingt minutes de tuk-tuk.

Le marché russe

Le Psar Toul Tom Poung doit son surnom aux expatriés soviétiques qui le fréquentaient dans les années 1980. C'est aujourd'hui l'un des marchés couverts les plus vivants de Phnom Penh, à la fois marché alimentaire pour le voisinage et destination touristique pour les textiles, l'artisanat et les pièces détachées.

Pour un résident, l'intérêt est quotidien : fruits, légumes, poisson et viande y coûtent une fraction des prix du supermarché, et les stands de nourriture servent des plats khmers pour un à trois dollars. La chaleur sous la tôle est réelle en milieu de journée, ce qui explique pourquoi les habitués viennent tôt le matin.

Autour du marché, les rues concentrent les cafés de travail, les librairies et les boutiques de créateurs. C'est le secteur le plus dense de la ville en places assises avec du wifi correct, ce qui n'est pas un détail pour qui travaille à distance.

Les loyers pratiqués

LogementLoyer mensuel
Studio meublé230-400 $
Deux-pièces meublé350-600 $
Trois-pièces ou maison de ville600-1 100 $
Charges (électricité, eau, internet)60-150 $
Cuisine de rue éclairée la nuit à Phnom Penh
Les cafés à wifi du quartier ont remplacé les bureaux pour une partie des indépendants.

Travailler depuis Toul Tom Poung

Le quartier s'est structuré autour d'une population qui travaille à distance. C'est ce qui explique sa densité de cafés, et ce qui en fait le meilleur secteur de la ville pour cet usage.

La concentration de places assises avec wifi correct y est la plus forte de Phnom Penh. Les cafés du secteur ont pris l'habitude d'une clientèle qui reste plusieurs heures, avec prises de courant et tables adaptées, ce qui n'est pas le cas partout dans la ville.

À domicile, la fibre est largement déployée et coûte vingt à quarante dollars par mois pour un débit confortable. Le point à vérifier avant de signer un bail est moins la disponibilité que la redondance : une carte SIM data en secours coûte quelques dollars et évite de perdre une journée de travail sur une coupure.

Le décalage horaire joue en faveur de qui travaille pour l'Europe : cinq à six heures d'avance signifient une matinée entière sans sollicitation, puis un après-midi de recouvrement. Pour un client nord-américain, c'est l'inverse et beaucoup plus difficile à tenir dans la durée.

Reste la question du statut, qui ne se règle pas en s'installant : facturer depuis un statut français en résidant au Cambodge place le dossier en zone grise, et les deux voies propres sont décrites dans fiscalité.

À qui le quartier convient

Toul Tom Poung fonctionne bien pour les indépendants, les travailleurs à distance et les jeunes actifs qui veulent une vie de quartier sans payer le supplément expatrié. La densité de cafés, les prix du marché et la proximité de BKK1 en font le meilleur compromis de la ville pour un budget moyen.

Il convient moins aux familles avec enfants scolarisés, plus éloignées des axes scolaires, et à ceux qui supportent mal le bruit ou la chaleur. Les immeubles anciens sont rarement bien isolés et la climatisation y travaille davantage.

Questions fréquentes sur Toul Tom Poung

Quel loyer à Toul Tom Poung ?

Un studio meublé se loue 230 à 400 dollars, un deux-pièces 350 à 600 dollars, une maison de ville ou un trois-pièces 600 à 1 100 dollars, plus 60 à 150 dollars de charges. C'est environ 30 % de moins qu'à BKK1 pour une surface équivalente, l'écart venant surtout de l'ancienneté des immeubles et de l'absence de piscine.

Toul Tom Poung est-il un bon quartier pour vivre ?

Oui pour les indépendants, les travailleurs à distance et les jeunes actifs : vie de quartier réelle, densité de cafés, prix du marché et proximité immédiate de BKK1. Moins pour les familles avec enfants scolarisés, plus éloignées des axes scolaires, et pour ceux qui supportent mal le bruit ou la chaleur des immeubles anciens.

Pourquoi l'appelle-t-on le marché russe ?

Le nom vient des expatriés soviétiques qui fréquentaient le Psar Toul Tom Poung dans les années 1980, à l'époque où ils formaient la principale communauté étrangère de Phnom Penh. Le surnom est resté chez les étrangers, alors que les Cambodgiens continuent d'employer le nom khmer du marché.

Faut-il un scooter pour vivre à Toul Tom Poung ?

Pas indispensable, mais il change nettement l'expérience. À pied, la chaleur et l'état des trottoirs limitent vite les déplacements. En scooter, BKK1, le centre et le fleuve sont à dix minutes. Les applications de tuk-tuk couvrent le reste pour un à trois dollars la course, ce qui suffit à beaucoup de résidents.