Vue aérienne de Phnom Penh au crépuscule, monument de l'Indépendance éclairé et tours du centre

Immobilier au Cambodge : ce qu'un étranger peut réellement détenir

Une seule règle commande tout le reste : le terrain est fermé aux étrangers. Ce qui reste ouvert est un appartement en copropriété, à partir du premier étage, et c'est parfaitement praticable.

De terrain détenable par un étranger
0 m²
Le seuil du strata-title
1er étage
Le m² à BKK1, entrée de gamme
2 000 $
Taxe de transfert à l'achat
4 %

Ce que la loi autorise

La Constitution réserve la terre aux ressortissants khmers. La loi de 2010 a ouvert une brèche, une seule, et elle suffit à la plupart des projets.

Un étranger ne peut posséder aucun terrain au Cambodge, quelle que soit la durée de sa résidence ou la nature de son visa. Une maison sur parcelle lui est donc fermée, puisqu'elle est indissociable du sol qui la porte.

La loi de 2010 sur la propriété étrangère autorise en revanche la détention d'unités en copropriété, dites strata-title, à partir du premier étage d'un immeuble certifié. Le rez-de-chaussée reste exclu, et la propriété étrangère est plafonnée à 70 % des lots d'un même immeuble. Dans ces limites, le titre est plein, perpétuel et transmissible.

Encore faut-il que l'immeuble ait effectivement obtenu son certificat auprès du ministère de l'Aménagement du territoire. Beaucoup de projets se vendent avant de l'avoir. C'est le premier point de vérification, et il conditionne l'existence même du droit. Strata-title, hard title et soft title détaille les trois régimes.

Tours et grues de chantier dominant Phnom Penh
Le neuf a poussé plus vite que la demande : c'est ce qui pèse aujourd'hui sur la revente.

Les prix au mètre carré

À Phnom Penh, le mètre carré s'échange entre 2 000 et 4 500 dollars à BKK1, le quartier expatrié, et entre 1 200 et 2 500 à BKK3, plus local. Toul Kork et Toul Tom Poung descendent à 1 000-2 000 dollars, le Riverside remonte à 1 500-3 000 avec la vue sur le fleuve.

Une maison, pour mémoire, n'est pas accessible : les prix parfois cités pour une villa à 80 000 dollars concernent le bâti sur un terrain qu'un étranger ne peut pas détenir. C'est la confusion la plus fréquente des recherches sur le sujet.

À l'achat, comptez 4 % de taxe de transfert sur la valeur du bien, les frais de notaire, puis 0,1 % de taxe foncière annuelle et 1 à 3 dollars par mètre carré et par mois de charges de copropriété. Le marché reste marqué par le surstock de 2019-2023, ce qui laisse une vraie marge de négociation sur la revente.

Source · Fourchettes relevées auprès d'agences de Phnom Penh et de la presse économique locale, 2026. Voir le comparatif par quartier.

Ce qu'il faut vérifier

Six vérifications précèdent le moindre acompte, y compris un acompte de réservation présenté comme remboursable.
01Le certificat strata-title existe et porte un numéro
Demandez le numéro d'enregistrement auprès du ministère de l'Aménagement du territoire et faites-le vérifier. Sans lui, votre droit de propriété n'existe pas, quelles que soient les promesses du promoteur.
02Le promoteur a déjà livré
Cherchez ses projets antérieurs, leurs délais réels et les litiges connus. Les promoteurs cambodgiens n'ont aucune obligation de transparence financière : la presse anglophone locale et les forums d'expatriés sont les seules sources.
03Le contrat nomme l'unité, la surface et les pénalités
Numéro de lot, surface exacte, échéancier de paiement et pénalités de retard de livraison doivent y figurer. Toute ambiguïté se tranche avant signature, pas après.
04Les charges de copropriété sont chiffrées et encadrées
Entre 1 et 3 dollars par mètre carré et par mois selon les prestations. Vérifiez qui les fixe, ce qu'elles couvrent et comment elles peuvent évoluer : un promoteur peu sérieux les augmente à sa main.
05La fiscalité de l'opération est comprise
Taxe de transfert de 4 %, taxe foncière annuelle de 0,1 %, imposition des revenus locatifs. L'absence de convention fiscale entre la France et le Cambodge complique la situation des résidents fiscaux français.
06Un avocat indépendant relit tout
L'avocat du promoteur défend le promoteur. Comptez 500 à 2 000 dollars pour un cabinet indépendant qui vérifie le titre et le cadastre, un montant sans commune mesure avec le risque. La méthode complète.

Revendre, la question qu'on se pose trop tard

Acheter est la partie facile. Revendre à un acheteur étranger, dans un marché où l'offre neuve reste abondante, demande d'y avoir pensé le jour de l'achat.

Un appartement en strata-title ne se revend qu'à un acheteur qui peut lui-même le détenir : un Cambodgien, ou un étranger, à condition que le quota de 70 % réservé aux nationaux dans l'immeuble reste respecté. Sur une résidence déjà largement occupée par des étrangers, le vivier d'acheteurs se réduit donc à la clientèle locale, qui valorise rarement les mêmes choses.

À cela s'ajoute la pression du neuf. Phnom Penh a livré beaucoup de programmes ces dernières années, et un promoteur qui vend sur plan avec facilités de paiement reste plus attractif qu'un particulier pressé. La conséquence est mécanique : les biens qui se revendent bien sont ceux dont l'emplacement ne se reproduit pas, pas ceux dont le hall d'entrée est le plus impressionnant.

Le calendrier compte autant que le bien. Une revente envisagée à trois ans transforme l'achat en pari sur le marché. À dix ans, les loyers encaissés entre-temps amortissent l'essentiel du risque. Si l'horizon est court, la comparaison avec la location, développée plus bas, tourne presque toujours en faveur de cette dernière.

Étal de marché de quartier à Phnom Penh
Louer laisse le choix du quartier ouvert, ce qu'un achat referme pour dix ans.

Louer reste souvent le bon calcul

Un une-chambre correct à BKK1 se loue 500 à 1 000 dollars par mois. Le même bien s'achète autour de 120 000 dollars, frais compris. À ce rapport, il faut une douzaine d'années d'occupation pour que l'achat devienne rationnel, sans compter le risque de titre et l'illiquidité du marché à la revente.

L'achat garde du sens pour un projet locatif assumé, pour un résident installé depuis plusieurs années, ou pour qui veut ancrer un patrimoine dans la région. Il en a beaucoup moins pour une première installation, où la mobilité vaut plus qu'un titre : la ville qu'on croit vouloir en arrivant n'est pas toujours celle où l'on reste.

Questions fréquentes sur l'immobilier cambodgien

Est-il possible d'acheter une maison au Cambodge quand on est étranger ?

Non, pas en son nom propre. La Constitution réserve la propriété du sol aux ressortissants khmers, et une maison est indissociable de son terrain. Un étranger peut en revanche acheter un appartement en strata-title à partir du premier étage d'un immeuble certifié, en pleine propriété et sans limite de durée. Les montages par société avec actionnaire cambodgien majoritaire existent mais reposent sur la fiabilité d'un tiers.

Quel est le prix d'un logement au Cambodge ?

À Phnom Penh, le mètre carré va de 2 000 à 4 500 dollars à BKK1, quartier expatrié, et de 1 200 à 2 500 à BKK3. Toul Kork et Toul Tom Poung se situent entre 1 000 et 2 000 dollars. Un une-chambre correct à BKK1 revient donc autour de 120 000 dollars frais compris, quand le même bien se loue 500 à 1 000 dollars par mois.

Qu'est-ce que le strata-title au Cambodge ?

C'est le titre de copropriété qui permet à un étranger de détenir légalement un appartement, à partir du premier étage d'un immeuble enregistré auprès du ministère de l'Aménagement du territoire. La propriété étrangère y est plafonnée à 70 % des lots d'un même immeuble. C'est le seul régime pleinement sécurisé pour un acheteur non khmer, à condition que le certificat existe réellement : beaucoup de projets se vendent avant de l'avoir obtenu.

Quels sont les frais à prévoir pour un achat immobilier au Cambodge ?

Une taxe de transfert de 4 % sur la valeur du bien, les frais de notaire, puis une taxe foncière annuelle de 0,1 % de la valeur estimée. S'y ajoutent les charges de copropriété, entre 1 et 3 dollars par mètre carré et par mois, et 500 à 2 000 dollars d'honoraires pour l'avocat indépendant qui vérifie le titre. Les revenus locatifs sont imposables au Cambodge.