
Strata title, hard title, soft title
Un étranger ne peut pas posséder de terrain au Cambodge. Il peut posséder un appartement en étage, sous un titre précis. Toute la sécurité d'un achat tient à cette distinction.
- Le foncier, pour un étranger
- Interdit
- L'appartement au-dessus du rez-de-chaussée
- Autorisé
- La part étrangère maximale d'un immeuble
- 70 %
- Le seul titre pleinement opposable
- Hard title
La règle de base
Ni un étranger, ni une société détenue majoritairement par des étrangers ne peut détenir de terrain au Cambodge. Une maison individuelle, une villa, un terrain nu, un commerce en rez-de-chaussée : tout ce qui touche le sol est hors de portée.
Une loi de 2010 sur la copropriété a ouvert une brèche unique et bien délimitée : un étranger peut détenir en pleine propriété une unité privative située au-dessus du rez-de-chaussée d'un immeuble en copropriété, dans la limite de 70 % des surfaces privatives de l'immeuble. Le rez-de-chaussée et le sous-sol restent exclus, parce qu'ils touchent le sol.
Cette unité s'achète sous un titre spécifique, le strata title. C'est la seule forme de propriété immobilière réellement accessible à un étranger, et tout ce qui s'en écarte relève du montage.
Ce qu'un étranger peut détenir
- 3e étageAccessible sous strata title
- 2e étageAccessible sous strata title
- 1er étageAccessible sous strata title
- Rez-de-chausséeInterdit, en contact avec le sol
- Sous-solInterdit, en contact avec le sol
Le sol, réservé aux personnes de nationalité khmère
70 %
des surfaces privatives d'un immeuble au maximum, toutes détentions étrangères confondues. Au-delà, plus aucune vente à un étranger n'est possible dans cet immeuble, quelle que soit la promesse du vendeur.

Hard title, soft title, strata title
NationalHard title
LocalSoft title
La copropriétéStrata title
Ce qu'il faut retenir
Le strata title en pratique
Le titre mentionne l'immeuble, l'étage, le numéro de lot et la surface privative. Il donne la pleine propriété de l'unité, transmissible et revendable, y compris à un autre étranger dans la limite du quota de 70 %. Il s'accompagne d'une quote-part des parties communes et de charges de copropriété.
Deux vérifications structurent tout le reste. D'abord, le titre existe-t-il déjà, ou est-il promis pour plus tard ? Un immeuble neuf vendu sur plan peut n'avoir aucun strata title émis, ce qui reporte la sécurité juridique à une date incertaine. Ensuite, le quota de 70 % est-il atteint ? Au-delà, aucune vente supplémentaire à un étranger n'est possible, quelle que soit la promesse du vendeur.

Ce que le titre strata implique au quotidien
Une fois l'immeuble découpé, chaque propriétaire détient son lot privatif et une quote-part des parties communes proportionnelle à sa surface : hall, ascenseurs, couloirs, toiture, piscine, parking. Cette quote-part n'est pas symbolique, elle détermine à la fois le poids du vote en assemblée et la part des charges.
Les charges mensuelles couvrent le gardiennage, l'entretien, l'électricité des communs et la maintenance des ascenseurs. Elles se situent couramment entre un et deux dollars du mètre carré par mois, davantage dans les résidences à piscine, salle de sport et sécurité vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Sur un appartement de 70 m², cela représente entre 70 et 140 dollars par mois, à intégrer au calcul avant l'achat.
La gestion est assurée par une société désignée, souvent une filiale du promoteur pendant les premières années. C'est une période sensible : tant que le promoteur détient encore des lots invendus, il pèse lourd en assemblée et n'a pas toujours intérêt à voter des travaux. Le passage à une gestion réellement indépendante est le vrai marqueur de maturité d'une résidence.
Le point à vérifier avant de signer est l'existence d'un fonds de réserve alimenté pour les gros travaux. Beaucoup de résidences n'en ont pas, et le premier remplacement d'ascenseur se solde alors par un appel de fonds exceptionnel que tous les copropriétaires ne peuvent pas honorer.
Les montages à éviter
Parce que la règle foncière est stricte, plusieurs contournements circulent. Ils sont proposés couramment, y compris par des agences installées, et ils exposent tous l'acheteur.
Le prête-nom. Le bien est acheté au nom d'un Cambodgien, conjoint, associé ou intermédiaire, avec des documents privés censés protéger l'acheteur réel. Juridiquement, le propriétaire est celui inscrit au titre. Les accords parallèles n'ont pas de valeur devant un tribunal cambodgien et les litiges de ce type se terminent généralement mal pour l'étranger.
La société de façade. Une société cambodgienne détenue à 51 % par des Cambodgiens, avec un pacte d'actionnaires censé donner le contrôle réel à l'étranger. Le montage est connu de l'administration, sa validité est incertaine et il crée des obligations comptables et fiscales permanentes, décrites dans créer une société.
Le bail emphytéotique. C'est la seule alternative légitime au strata title : un bail de longue durée, jusqu'à cinquante ans renouvelables, enregistré, qui donne un droit d'usage solide sans transfert de propriété. Il convient à une maison ou à un terrain d'exploitation, à condition d'être enregistré au cadastre et rédigé par un avocat.
Questions fréquentes sur les titres cambodgiens
Un étranger peut-il être propriétaire au Cambodge ?
D'un appartement situé au-dessus du rez-de-chaussée dans un immeuble en copropriété, oui, sous strata title, dans la limite de 70 % des surfaces privatives de l'immeuble. D'un terrain, d'une maison individuelle ou d'un local en rez-de-chaussée, non : la Constitution réserve la propriété du sol aux personnes de nationalité khmère, sans exception.
Quelle différence entre hard title et soft title ?
Le hard title est enregistré au cadastre national et pleinement opposable aux tiers et devant les tribunaux. Le soft title n'est enregistré qu'au niveau de la commune ou du district : il circule et se vend couramment, mais ne résiste pas à un hard title concurrent en cas de double vente ou de litige. Sa conversion est possible mais longue et non garantie.
Qu'est-ce qu'un strata title ?
Le titre attaché à une unité privative dans un immeuble en copropriété enregistré, issu de la subdivision du hard title de l'immeuble entier. Il est inscrit au cadastre national, donne la pleine propriété du lot et sa quote-part de parties communes, et se revend librement. C'est le seul titre immobilier qu'un étranger peut détenir en son nom propre au Cambodge.
Peut-on acheter au nom d'un Cambodgien ?
C'est proposé couramment et c'est à éviter. Juridiquement, le propriétaire est la personne inscrite au titre, et les accords privés censés protéger l'acheteur réel n'ont pas de valeur devant un tribunal cambodgien. La seule alternative légitime au strata title est le bail emphytéotique, jusqu'à cinquante ans renouvelables, enregistré au cadastre et rédigé par un avocat.


