Les cinq tours d'Angkor Wat au lever du soleil, reflétées dans le bassin nord, près de Siem Reap

Siem Reap et la région d'Angkor

Le site d'Angkor occupe trois jours. La région en mérite deux de plus : les temples éloignés, le grand lac et ses villages flottants, et une ville qui vaut mieux que sa rue de bars.

L'étendue du site classé
400 km²
Le bon calibrage sur place
5 jours
Jusqu'à Banteay Srei
25 km
Le Tonlé Sap au plus haut
Sept.-nov.

Le site d'Angkor

Angkor n'est pas un temple mais une capitale disparue, étalée sur quarante kilomètres. Trois jours de pass couvrent l'essentiel, et l'ordre de visite change tout.

Angkor Wat au lever du jour, le Bayon et ses visages de pierre en fin d'après-midi, Ta Prohm à l'ouverture pour éviter la foule : la structure de la visite tient à la lumière et à l'affluence autant qu'à la géographie. Les circuits officiels, dits petit et grand, organisent le parcours et évitent de traverser le site en tous sens sous quarante degrés.

Le pass trois jours à 62 dollars est le meilleur choix pour un premier séjour : ses journées ne sont pas consécutives et se répartissent sur dix jours. Les prix, les horaires, la tenue exigée et l'ordre des temples sont détaillés dans notre page visiter Angkor.

Les temples éloignés

25 kmBanteay Srei
La citadelle des femmes, taillée dans un grès rose dont la finesse de sculpture n'a pas d'équivalent sur le site. Petit, entièrement sculpté, et couvert par le pass Angkor. Le détour se fait le matin, avant la chaleur, et se combine avec le centre des mines antipersonnel voisin.
65 kmBeng Mealea
Un temple du XIIe siècle laissé à la forêt, effondré et envahi par les racines. On y circule sur des passerelles de bois entre les blocs. C'est ce que Ta Prohm était avant sa restauration, en beaucoup plus vaste et avec presque personne. Le site est couvert par le pass Angkor.
120 kmKoh Ker
L'ancienne capitale du Xe siècle, dominée par une pyramide à degrés de trente-cinq mètres. Longtemps inaccessible à cause des mines, aujourd'hui déminée et ouverte. La journée est longue mais le site est saisissant, et la fréquentation reste faible.
50 kmLe Phnom Kulen
La montagne sacrée où fut proclamé l'empire khmer en 802. Cascade, Bouddha couché taillé dans la roche, et la rivière aux mille lingas, dont le lit sculpté affleure en saison sèche. Entrée séparée, route difficile en saison des pluies.
Fronton et linteau finement sculptés dans le grès rose du temple de Banteay Srei
Banteay Srei, à vingt-cinq kilomètres au nord-est : un grès rose dont la finesse de sculpture n'a pas d'équivalent sur le site.

Le lac et ses villages

Le Tonlé Sap change de surface d'un facteur cinq entre la saison sèche et la mousson, son cours s'inversant chaque année. Les villages qui y vivent s'adaptent à ce rythme.

Kampong Phluk est le village sur pilotis le plus convaincant : des maisons juchées à six ou huit mètres, une forêt inondée qu'on traverse en barque à rames, et une activité de pêche réelle. Compter une demi-journée depuis Siem Reap.

Kampong Khleang, plus loin et beaucoup moins visité, offre la même chose sans le circuit organisé. C'est le choix de ceux que la fréquentation dérange.

Chong Kneas, le plus proche de la ville, est aussi le plus critiqué : tarifs opaques, arrêts commerciaux imposés et mise en scène. Mieux vaut l'éviter.

La période compte plus que le village : de septembre à novembre, le lac est à son niveau maximal et les villages flottants ont leur pleine cohérence. En saison sèche, certains se retrouvent posés sur la vase et la visite perd son sens, comme l'explique la page quand partir.

Maisons de bois colorées sur hauts pilotis et barques au bord de l'eau à Kampong Khleang, sur le Tonlé Sap
Kampong Khleang, sur le Tonlé Sap : des maisons juchées à six ou huit mètres, et une activité de pêche qui n'est pas mise en scène.

Tuk-tuk, vélo ou voiture

Le choix du transport sur le site décide du confort et du prix. Trois formules coexistent, et la moins chère n'est pas toujours la plus économique.

Le tuk-tuk à la journée, quinze à vingt-cinq dollars, est la formule par défaut et la bonne pour le petit et le grand circuit. Le chauffeur attend à chaque temple, vous récupère à la sortie opposée, et connaît l'ordre qui évite la foule. Un bon chauffeur se garde pour les trois jours et se réserve la veille.

Le vélo se tient sur le petit circuit, de novembre à février seulement. Au-delà de mars, la chaleur transforme les vingt kilomètres en épreuve, et le vélo devient une fausse économie : on abrège la visite. Les guesthouses en louent pour quelques dollars.

La voiture avec chauffeur devient nécessaire pour Banteay Srei, Beng Mealea et surtout Koh Ker ou le Phnom Kulen, où la distance et l'état des routes excluent le tuk-tuk. Comptez le double environ, et faites préciser si les entrées séparées sont incluses — elles ne le sont presque jamais.

Une précision qui évite un malentendu fréquent : le chauffeur n'est pas un guide. Il connaît les temples et les horaires, il n'explique pas les bas-reliefs. Si vous voulez la lecture iconographique, c'est un guide francophone qu'il faut, et il se réserve séparément.

La ville de Siem Reap

La ville se résume rarement à autre chose qu'à Pub Street dans les récits de voyage, ce qui est injuste. Le vieux marché et ses ruelles, les galeries de la rive est, le quartier de Wat Bo et ses maisons anciennes, et le cirque Phare, école de cirque social dont le spectacle du soir est l'un des meilleurs moments culturels du pays, méritent chacun un moment.

La ville sert aussi de base logistique : c'est là que se concentrent les hôtels, les agences et les chauffeurs. Elle est décrite du point de vue de ceux qui y vivent dans la page vivre à Siem Reap.

Questions fréquentes sur la région d'Angkor

Combien de jours passer à Siem Reap ?

Cinq jours constituent le bon calibrage : trois sur le site d'Angkor avec un pass trois jours, un pour les temples éloignés comme Beng Mealea ou Koh Ker, un pour le Tonlé Sap et la ville. Trois jours suffisent si l'on se limite au parc archéologique, mais on repart alors sans avoir vu la région.

Que faire autour d'Angkor ?

Banteay Srei et ses sculptures dans le grès rose, à 25 km, et Beng Mealea, temple envahi par la forêt à 65 km, toutes deux couvertes par le pass. Koh Ker et sa pyramide à degrés, à 120 km, avec un billet à part. Le Phnom Kulen, montagne sacrée avec sa rivière aux mille lingas. Et le Tonlé Sap avec ses villages sur pilotis, en demi-journée.

Quel village flottant visiter sur le Tonlé Sap ?

Kampong Phluk pour le meilleur équilibre : maisons sur pilotis de six à huit mètres, forêt inondée traversée en barque à rames, activité de pêche réelle. Kampong Khleang pour la même chose sans circuit organisé, plus loin. Évitez Chong Kneas, le plus proche de Siem Reap mais critiqué pour ses tarifs opaques et ses arrêts commerciaux imposés.

Le pass Angkor couvre-t-il tous les temples ?

En partie. Il couvre l'ensemble du parc archéologique, Banteay Srei et Beng Mealea comprises. Koh Ker et le Phnom Kulen demandent en revanche un billet distinct, à payer sur place. Un chauffeur qui annonce un prix tout compris pour ces deux sites inclut rarement l'entrée : faites-le préciser avant de partir.