Billets de riels cambodgiens étalés en éventail, chiffres en écriture khmère

Fiscalité au Cambodge : résidence, barème et France

Le Cambodge n'a pas de convention fiscale avec la France. C'est le fait central du dossier, et il ne se découvre pas après la première déclaration.

Le seuil de résidence fiscale
182 jours
Le barème progressif cambodgien
0 à 20 %
Convention fiscale avec la France
Aucune
Retenue sur les non-résidents
20 %

La résidence fiscale cambodgienne

Tout se décide sur une question unique : dans quel pays êtes-vous résident fiscal ? Les deux administrations appliquent leurs propres critères, et ils peuvent se contredire.

Le Cambodge considère comme résident fiscal toute personne qui y a son domicile, son lieu de séjour principal, ou qui y est présente plus de 182 jours sur une période de douze mois. Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux, un non-résident uniquement sur ses revenus de source cambodgienne, avec une retenue à la source de 20 %.

Le critère des 182 jours est mécanique et facile à documenter, ce qui en fait la référence pratique. Les tampons d'entrée et de sortie du passeport, les justificatifs de bail et le visa long séjour constituent le dossier de preuve à conserver.

Quartier d'affaires de Phnom Penh
L'administration fiscale cambodgienne siège à Phnom Penh, où se règlent aussi les questions de résidence.

Le barème de l'impôt sur le revenu

L'impôt sur le revenu salarial est progressif, prélevé mensuellement par l'employeur et libellé en riels. Les tranches, converties à 4 000 riels pour un dollar, se lisent ainsi.

  • Jusqu'à 1 500 000 riels

    0 %

    Environ 375 $

  • De 1 500 001 à 2 000 000 riels

    5 %

    Environ 375 à 500 $

  • De 2 000 001 à 8 500 000 riels

    10 %

    Environ 500 à 2 125 $

  • De 8 500 001 à 12 500 000 riels

    15 %

    Environ 2 125 à 3 125 $

  • Au-delà de 12 500 000 riels

    20 %

    Au-delà d'environ 3 125 $

Barème mensuel de l'impôt sur le revenu salarial, prélevé à la source par l'employeur. Conversion indicative à 4 000 riels pour un dollar.

Le taux marginal supérieur plafonne à 20 %, ce qui reste très en dessous du barème français. C'est ce qui rend le pays attractif pour une activité créée sur place, sujet traité dans créer une société. Les taux et seuils évoluent : faites-les confirmer par un cabinet local avant tout montage.

Côté France, ce que change le départ

La France et le Cambodge n'ont signé aucune convention fiscale bilatérale. Aucun mécanisme automatique n'élimine donc la double imposition, et aucun texte ne tranche la résidence en cas de conflit entre les deux administrations. Chaque pays applique son droit interne.

Des négociations sont engagées entre l'administration fiscale cambodgienne et le ministère français des Finances, et plusieurs cycles de discussions ont eu lieu. Rien n'est signé à ce jour, et tant que rien ne l'est, c'est le droit interne de chaque pays qui s'applique. Le Cambodge a en revanche conclu des conventions avec une dizaine de partenaires de la région, dont Singapour, la Thaïlande, le Vietnam et la Chine.

Concrètement : si la France vous considère toujours comme résident fiscal, au sens de l'article 4 B du code général des impôts, vos revenus mondiaux restent imposables en France. La discussion porte alors sur le foyer, le lieu de séjour principal, le centre des intérêts économiques et l'activité professionnelle principale.

Les revenus de source française, en particulier les loyers d'un bien conservé en France, restent imposables en France quelle que soit votre résidence. C'est le point qui surprend le plus souvent.

Coupole art déco du marché central Psar Thmei à Phnom Penh
Une résidence fiscale se prouve par un faisceau : bail, comptes locaux, visa, présence effective.

Constituer son dossier de résidence

En l'absence de convention entre la France et le Cambodge, c'est vous qui devez pouvoir établir où vous vivez. Ces preuves se constituent au fil de l'eau et ne se reconstituent pas trois ans plus tard.

Le critère des 182 jours est mécanique, donc facile à documenter — à condition d'avoir gardé de quoi le prouver. Les tampons d'entrée et de sortie du passeport en sont la trace la plus directe, ce qui donne une raison très concrète de conserver les passeports périmés plutôt que de les jeter.

S'y ajoutent le bail au votre nom, les factures d'électricité et d'internet, les relevés du compte bancaire local montrant des dépenses courantes sur place, le visa long séjour et ses extensions, et l'inscription au registre des Français établis hors de France. Aucune de ces pièces ne suffit seule. Leur faisceau, oui.

Ce qui affaiblit un dossier, à l'inverse : conserver un logement disponible en France, y garder ses comptes principaux et ses abonnements, y laisser sa famille proche, et continuer à y percevoir l'essentiel de ses revenus. Ces éléments nourrissent les critères du foyer et du centre des intérêts économiques, et ils pèsent lourd.

Les cas courants

Retraité français installé au Cambodge
Les pensions de source française versées à un non-résident restent en principe imposables en France, par retenue à la source. Le départ ne les exonère donc pas automatiquement. En revanche, le prélèvement social sur les revenus du patrimoine peut évoluer selon votre situation d'affiliation. C'est le premier point à faire vérifier.
Salarié d'une entreprise cambodgienne
L'employeur prélève l'impôt sur le revenu salarial chaque mois selon le barème progressif. Si vous avez transféré votre résidence fiscale, la France n'impose plus ces revenus. Le visa correspondant est le EG converti en EB, avec permis de travail.
Travailleur à distance pour des clients étrangers
C'est la configuration la plus délicate. Résider au Cambodge sans y déclarer d'activité, tout en facturant depuis un statut français, place le dossier en zone grise. Deux options propres existent : conserver une résidence fiscale française assumée, ou structurer réellement l'activité au Cambodge. Le choix se fait avec un conseil, avant de commencer.

Questions fréquentes sur la fiscalité au Cambodge

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et le Cambodge ?

Non, aucune convention bilatérale n'a été signée à ce jour, même si des négociations sont engagées entre les deux administrations. En l'absence de texte, aucun mécanisme automatique n'élimine la double imposition et rien ne tranche la résidence en cas de conflit : chaque pays applique son droit interne, ce qui rend l'analyse de votre situation individuelle décisive avant le départ.

Comment devient-on résident fiscal cambodgien ?

En y ayant son domicile ou son lieu de séjour principal, ou en étant présent plus de 182 jours sur une période de douze mois. Un résident est imposé sur ses revenus mondiaux, un non-résident seulement sur ses revenus de source cambodgienne, avec une retenue à la source de 20 %. Le critère des 182 jours est le plus simple à documenter.

Quel est le taux d'imposition au Cambodge ?

L'impôt sur le revenu salarial est progressif, de 0 % jusqu'à environ 375 dollars mensuels à 20 % au-delà d'environ 3 125 dollars, avec des tranches intermédiaires à 5, 10 et 15 %. Le taux marginal supérieur plafonne donc à 20 %, très en dessous du barème français. Les seuils étant libellés en riels et révisables, faites-les confirmer par un cabinet local.

Ma retraite française est-elle imposée si je vis au Cambodge ?

Les pensions de source française versées à un non-résident restent en principe imposables en France, par retenue à la source : le départ ne les exonère pas automatiquement, d'autant qu'aucune convention ne vient répartir le droit d'imposer. Faites vérifier votre situation d'affiliation et vos prélèvements sociaux avant le départ plutôt qu'après.