
Kampot, Kep et Bokor
Trois lieux à moins de trente kilomètres les uns des autres : une ville-rivière au rythme lent, une station balnéaire en ruine élégante, et un plateau perdu dans la brume à mille mètres.
- Le bon calibrage
- 3 jours
- L'altitude du plateau de Bokor
- 1 080 m
- Entre Kampot et Kep
- 25 km
- Le poivre de Kampot, protégé
- IGP
Kampot
Ce qu'on vient chercher ici n'est pas une liste de visites mais un rythme. La ville se traverse à pied en vingt minutes, les cafés du front de rivière servent jusqu'au soir, et le marché du matin fournit de quoi passer la journée. C'est l'étape où l'on ralentit, après Angkor et Phnom Penh.
Les bâtiments coloniaux du centre, arcades et volets des années 1910 à 1930, sont en partie restaurés et abritent cafés, ateliers et guesthouses. Le vieux pont de fer, la rue commerçante et le rond-point au durian géant complètent le décor.
En fin de journée, les sorties en bateau sur la rivière partent du quai : coucher de soleil sur le massif de Bokor, et selon la saison, lucioles dans les palétuviers. Comptez cinq à dix dollars. La ville est décrite du point de vue de ses résidents dans la page vivre à Kampot et Kep.

Le poivre de Kampot
Le poivre de Kampot bénéficie d'une indication géographique protégée, la première obtenue par un produit cambodgien. La culture, exportée vers la France dès la période coloniale, avait presque disparu sous les Khmers rouges avant d'être relancée à partir des années 2000.
Les plantations se visitent, la plupart gratuitement ou pour quelques dollars, à une vingtaine de minutes de la ville. On y voit les lianes palissées sur leurs tuteurs, le séchage, le tri, et on goûte les quatre récoltes : le noir, le rouge, le blanc et le vert frais, ce dernier étant celui qu'on ne trouve pratiquement jamais en Europe.
C'est aussi le meilleur souvenir à rapporter : léger, non périssable, et sans commune mesure avec ce qui se vend sous ce nom ailleurs. Achetez sur la plantation plutôt qu'au marché, où la provenance est incertaine.
Kep et l'île du Lapin
Kep fut la station balnéaire de l'élite cambodgienne dans les années 1960. Les villas modernistes de cette époque, incendiées pendant la guerre civile, subsistent en ruines envahies par la végétation, ce qui donne à la ville une atmosphère unique dans le pays.
Le marché aux crabes est la raison principale de venir. Installé sur des pontons, il sert des crabes bleus pêchés le matin même, cuisinés au poivre vert de Kampot. C'est l'un des meilleurs plats du pays, servi dans un cadre entièrement informel, pour huit à quinze dollars.
L'île du Lapin, Koh Tonsay, se rejoint en vingt minutes de bateau depuis le quai de Kep. Une plage, quelques bungalows sommaires, aucune électricité continue. On y va à la journée, ou pour une nuit si l'absence de confort ne pose pas de problème.
Le parc national de Kep, enfin, propose un sentier en boucle de huit kilomètres à flanc de colline, avec vue sur la mer et le Vietnam par temps clair. À faire tôt le matin.

Circuler dans la région
Le scooter est la formule reine ici : cinq à dix dollars la journée, et il ouvre les plantations de poivre, la route de Kep et les chemins de campagne. La route de Bokor est goudronnée et en bon état, mais longue, sinueuse et exigeante à la descente. Vérifiez les freins avant de monter, et lisez la clause deux-roues de votre contrat : elle est traitée dans assurance et scooter.
Le tuk-tuk à la journée, quinze à vingt dollars, convient à qui ne conduit pas. Il fait Kampot-Kep sans difficulté et monte à Bokor, plus lentement. Pour une famille, c'est souvent le meilleur compromis.
Le bateau ne sert que pour l'île du Lapin, depuis le quai de Kep, et pour les sorties de fin de journée sur la rivière de Kampot. Vingt minutes dans le premier cas, une heure et demie dans le second.
Base logistique : Kampot, sans hésiter. La ville concentre les hébergements, les restaurants et les loueurs, et tout est à moins de trente minutes. Kep n'a presque aucun service et convient mieux à une nuit face à la mer qu'à un camp de base.
Le plateau de Bokor
Une route goudronnée de trente-deux kilomètres monte de Kampot au plateau, à mille quatre-vingts mètres. La température y descend de dix degrés et la brume enveloppe le sommet la plupart du temps, ce qui fait tout l'intérêt du lieu.
Les Français y ont construit dans les années 1920 une station d'altitude avec casino, hôtel et église, abandonnée à deux reprises et laissée en ruines. Le bâtiment du casino, le clocher isolé dans le brouillard et la vue sur le golfe quand elle se dégage constituent l'essentiel de la visite. Une partie du plateau a été réaménagée en complexe touristique moderne, contraste que les visiteurs découvrent rarement à l'avance.
Le reste du parc national reste sauvage : cascades, forêt de montagne, et une faune discrète. Comptez une demi-journée, en scooter si vous êtes à l'aise sur route de montagne, sinon en excursion organisée depuis Kampot.

Questions fréquentes sur la côte sud
Combien de jours passer à Kampot et Kep ?
Trois jours suffisent : une journée pour Kampot, sa rivière et une plantation de poivre, une journée pour Kep, son marché aux crabes et l'île du Lapin, une demi-journée pour le plateau de Bokor. Beaucoup de voyageurs y restent plus longtemps que prévu, la région étant celle où l'on ralentit après Angkor et Phnom Penh.
Que voir au plateau de Bokor ?
L'ancienne station d'altitude construite par les Français dans les années 1920, avec son casino en ruine, son clocher isolé dans la brume et la vue sur le golfe quand elle se dégage. Le parc national alentour offre cascades et forêt de montagne. Comptez une demi-journée, en partant le matin : la brume s'épaissit l'après-midi.
Peut-on visiter une plantation de poivre à Kampot ?
Oui, la plupart se visitent gratuitement ou pour quelques dollars, à une vingtaine de minutes de la ville. On y voit les lianes palissées, le séchage et le tri, et on goûte les quatre récoltes : noir, rouge, blanc et vert frais. Achetez sur place plutôt qu'au marché : l'origine est vérifiable et le prix inférieur à celui des boutiques de Phnom Penh.
Vaut-il mieux dormir à Kampot ou à Kep ?
À Kampot, qui concentre les hébergements, les restaurants et les agences, et d'où tout est accessible en moins de trente minutes. Kep n'a presque aucun service et convient mieux à une nuit ponctuelle face à la mer qu'à une base pour explorer la région. Le trajet entre les deux prend une demi-heure en scooter ou en tuk-tuk.



