
Visiter Battambang
La ville que les circuits organisés sautent, et qui garde pour cette raison l'ensemble colonial le mieux conservé du pays, une scène artistique réelle et une campagne à dix minutes.
- La durée qui convient
- 2 jours
- De route depuis Siem Reap
- 3 h
- L'époque du centre colonial
- 1920
- Le cirque né ici
- Phare
Le centre colonial
Quelques rues suffisent : arcades, volets de bois, façades ocre et jaunes, commerces installés au rez-de-chaussée depuis des générations. L'ensemble est habité, pas muséifié, ce qui change complètement l'expérience par rapport aux quartiers restaurés pour le tourisme.
Le marché Psar Nath, sous sa halle art déco jaune de 1936, marque le centre. Autour, la scène de cafés et de galeries portée par des artistes locaux et quelques étrangers donne à la ville une densité culturelle inattendue pour sa taille. Une visite à pied du centre prend deux heures et se fait le matin ou en fin d'après-midi.

Le cirque Phare
Phare Ponleu Selpak est né à Battambang dans les années 1990, fondé par de jeunes Cambodgiens rentrés des camps de réfugiés thaïlandais. C'est une école d'arts qui accueille des enfants de familles précaires et leur enseigne le cirque, la musique, le dessin et le théâtre, avec une scolarité générale en parallèle.
Le spectacle du soir, donné par les élèves et les anciens élèves, mêle acrobatie, théâtre physique et musique live autour de récits liés à l'histoire récente du pays. Ce n'est pas un numéro touristique : les recettes financent l'école, et le niveau technique est celui d'une compagnie professionnelle.
Le campus se visite en journée et les ateliers sont ouverts. C'est l'expérience culturelle la plus solide de la ville, et l'une des rares du pays dont l'utilité sociale est vérifiable.
Deux jours à Battambang
Premier jour. Le centre colonial à pied en début de matinée, quand la lumière rase les arcades et que la chaleur est encore tenable. Le marché Psar Nath sous sa halle art déco au passage. L'après-midi au calme, et le spectacle du cirque Phare en soirée — c'est le moment culturel le plus solide de la ville, et il se réserve.
Second jour. La campagne en tuk-tuk dès le matin : les ateliers de riz gluant, de papier de riz et de poisson séché, puis Phnom Banan et ses trois cent cinquante-huit marches, à faire avant que la plaine ne chauffe. Retour en ville pour la mi-journée.
Fin du second jour. Phnom Sampeau, en deux temps : les grottes mémorielles en début d'après-midi, puis retour au crépuscule pour la sortie des chauves-souris, qui dure une trentaine de minutes et vaut à elle seule le déplacement. Ne les enchaînez pas : le passage direct de l'un à l'autre met mal à l'aise, et une heure d'écart suffit.
La campagne et les ateliers
Le circuit classique enchaîne les ateliers artisanaux des villages : séchage du riz gluant en tiges de bambou, fabrication du papier de riz, distillerie de vin de riz, production de nouilles et de poisson séché. Rien n'est mis en scène, ces ateliers travaillent pour le marché local.
Le bamboo train, le fameux norry, est une plate-forme de bambou motorisée qui circulait sur l'ancienne voie ferrée. L'installation d'origine a été déplacée et transformée en attraction sur un tronçon dédié : c'est amusant, mais ce n'est plus le moyen de transport improvisé qui faisait sa réputation. Sachez-le avant de réserver.
La vallée se parcourt aussi à vélo, sur des pistes plates entre les rizières. Les guesthouses en louent pour quelques dollars la journée, ce qui reste la meilleure manière de voir la région sans intermédiaire.
Les collines et la mémoire
Phnom Sampeau, à une douzaine de kilomètres, est une colline calcaire surmontée de pagodes. Elle abrite les killing caves, grottes où les Khmers rouges précipitaient leurs victimes, aujourd'hui marquées d'un mémorial. La visite est brève et lourde, à l'image des lieux décrits dans notre page mémoire des Khmers rouges.
Au pied de la même colline, une faille libère chaque soir au crépuscule une colonne de plusieurs millions de chauves-souris, qui s'étire sur des kilomètres au-dessus de la plaine. Le spectacle dure une trentaine de minutes et vaut à lui seul le déplacement de fin de journée.
Phnom Banan, plus au sud, est un temple angkorien du XIe siècle perché au sommet de trois cent cinquante-huit marches. Cinq tours de grès, une vue dégagée sur les rizières, et presque personne.

Questions fréquentes sur Battambang
Combien de jours faut-il à Battambang ?
Deux jours suffisent : une journée pour le centre colonial à pied et le spectacle du cirque Phare le soir, une journée pour la campagne en tuk-tuk avec les ateliers de village, Phnom Banan et Phnom Sampeau en fin d'après-midi pour la sortie des chauves-souris. La ville est à trois heures de route de Siem Reap et cinq de Phnom Penh.
Que voir à Battambang ?
Le centre colonial des années 1920, le mieux conservé du pays, avec le marché Psar Nath sous sa halle art déco. Le cirque Phare, école d'arts dont le spectacle du soir est l'un des meilleurs moments culturels du Cambodge. La campagne rizicole et ses ateliers artisanaux. Phnom Sampeau et ses grottes mémorielles, Phnom Banan et son temple angkorien.
Le bamboo train de Battambang existe-t-il encore ?
Oui, mais déplacé et transformé en attraction sur un tronçon dédié : ce n'est plus le moyen de transport improvisé qui circulait sur l'ancienne voie ferrée et faisait sa réputation. L'expérience reste amusante, à condition de savoir ce qu'on va voir. La campagne à vélo depuis la ville offre un contact plus direct avec la région.
Battambang vaut-elle le détour ?
Oui, précisément parce que les circuits organisés la sautent. C'est la ville où l'on voit un Cambodge urbain non transformé par le tourisme, avec un patrimoine colonial intact, une scène artistique réelle et une campagne accessible en dix minutes. Elle s'intercale naturellement entre Siem Reap et Phnom Penh sur un itinéraire de deux semaines.


